Le 20 mars 2026 de 13 h 00 à 15 h 00 –  À distance et en présence

L’INTELLIGENCE COLLECTIVE PÉDAGOGIQUE ET L’IA
Prof. Pierre Lévy, PhD, MSRC

l’IA est une interface numérique entre l’intelligence collective accumulée et l’intelligence vivante.

Il faut d’abord caractériser correctement l’intelligence artificielle générative contemporaine (ChatGPT, Claude, Gemini, Grok, Perplexity, etc.). Plutôt qu’une intelligence mécanique « autonome » c’est en réalité une compression statistique de l’immense mémoire numérique qui a servi à son entrainement. L’IA doit être considérée comme une mobilisation de la mémoire collective au bénéfice de ses usagers. C’est une manifestation de l’intelligence collective passée et contemporaine. En d’autres termes, l’IA est une interface numérique entre l’intelligence collective accumulée et l’intelligence vivante.

Sur un plan pédagogique, je crois qu’il faut désormais inclure l’IA dans nos scénarios pédagogiques – y compris au niveau de l’évaluation. Elle a un rôle à jouer dans l’intelligence collective du groupe classe, en dialogue ouvert avec le professeur et les étudiants. L’IA peut servir d’interlocuteur dans des débats où les élèves travaillent en apprentissage collaboratif. Elle peut aider à compiler et structurer les idées générées collectivement, à organiser les contributions individuelles en un document cohérent que le groupe critique et améliore ensemble. Il ne s’agit pas de laisser l’IA remplacer les interactions humaines, mais plutôt de l’utiliser comme catalyseur pour enrichir la réflexion collective et approfondir les apprentissages.

Sur le plan de la philosophie de l’éducation, Il s’agit de ne jamais négliger d’enrichir les mémoires personnelles des étudiants. Ce n’est pas parce que “tout” se trouve sur internet que nous devons cesser de cultiver notre mémoire individuelle, qui est le fondement de la pensée vivante. La pensée critique se tisse en effet dans une dialectique entre la mémoire collective (mobilisée aujourd’hui par l’IA), la mémoire personnelle de chacun d’entre nous et le dialogue ouvert – contradictoire et complice – avec nos pairs et contemporains. Plus riche est notre mémoire personnelle et mieux nous pouvons exploiter les ressources de l’IA, poser les bonnes questions, repérer les hallucinations, éclairer les angles morts.

En aucun cas l’IA ne peut se substituer à la lecture de « vrais » textes (dont les auteurs sont humains) et encore moins à l’ignorance. Mais elle peut servir de conseillère et d’entraîneuse infatigable pour nos apprentissages. Ignorants, nous serons manipulés et induits en erreur par les modèles de langue.


Par contraste, plus nous sommes savants et mieux nous pouvons maîtriser une IA qui, ne nous y trompons pas, devient l’environnement technique de la pensée, le nouveau sensoriu

Participez à l’activité de co‑construction, tout au long du colloque, dédié à l’exploration de l’intelligence collective et à l’exploitation de l’IA générative en enseignement! Ensemble, avec des experts, nous mettrons en commun nos idées, nos expériences et nos réflexions pour imaginer des approches innovantes qui enrichissent l’enseignement et l’apprentissage. Dans un esprit collaboratif et dynamique, où la force du groupe devient un moteur de créativité et de transformation pédagogique, nous pourrons bâtir des solutions concrètes et inspirantes.

Henri Boudreault

Professeur associé, Département d’éducation et de formation spécialisées, Faculté des sciences de l’éducation, UQÀM, chercheur en didactique de la formation professionnelle, président, Conseil pédagogique interdisciplinaire du Québec (CPIQ).

Chantale Beaucher

Professeure titulaire, Département de pédagogie, Université de Sherbrooke, Directrice de l’Observatoire de la FP du Québec

Michelle Rhéaume

Enseignante à l’école Vanguard et collaboratrice en recherche, rédaction et coordonnatrice artistique de Riopelle : mode d’emploi (titre provisoire).

 

Il a consacré sa vie professionnelle à la compréhension des implications culturelles et cognitives des technologies numériques, à la promotion de leurs meilleures utilisations sociales et à l’étude du phénomène de l’intelligence collective humaine.

Pierre Lévy
 Chercheur associé à l’Université de Montréal dans le domaine des humanités numériques

Après avoir été professeur dans plusieurs universités en France et au Canada, Pierre Lévy est maintenant chercheur associé à l’Université de Montréal dans le domaine des humanités numériques. Il a consacré sa vie professionnelle à la compréhension des implications culturelles et cognitives des technologies numériques, à la promotion de leurs meilleures utilisations sociales et à l’étude du phénomène de l’intelligence collective humaine. Il a publié une douzaine d’ouvrages sur ces sujets, qui ont été traduits dans plus de 12 langues et sont étudiés dans de nombreuses universités à travers le monde. Il a inventé le méta- langage de l’économie de l’information (IEML), un outil de modélisation des données qui possède la même puissance expressive que le langage naturel et la régularité d’une algèbre. Pierre Lévy détient un doctorat en sociologie et un doctorat en sciences de l’information. Il est membre de la Société Royale du Canada et a reçu plusieurs prix et distinctions universitaires.

Alexandra Vallières

Vice-présidente de la Fédération du personnel professionnel de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ), affiliée à la Centrale des syndicats du Québec, Alexandra Vallières exerce la profession d’orthophoniste en milieu scolaire depuis plus de vingt ans.

Titulaire d’un baccalauréat en psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières et d’une maîtrise en orthophonie de l’Université Laval (2002-2004), Mme Vallières se spécialise dans les troubles d’apprentissage du langage écrit. 

Son implication syndicale, amorcée il y a plus de quinze ans, témoigne d’un engagement profond envers la défense des droits et la valorisation du personnel professionnel de l’éducation. De 2019 à 2025, elle a occupé le poste de présidente du Syndicat du personnel professionnel de l’Éducation du Cœur et du Centre-du-Québec (SPPECCQ-CSQ), où elle a piloté de nombreux dossiers visant à assurer une représentation soutenue des corps d’emplois professionnels dans le réseau scolaire et à améliorer leurs conditions de travail.

Depuis juin 2025, elle assure la vice-présidence de la FPPE-CSQ, où elle est responsable des dossiers de l’action professionnelle. Son parcours est marqué par une volonté constante de promouvoir la qualité des services offerts aux élèves dans le réseau scolaire public ainsi que la contribution et la reconnaissance du personnel professionnel de l’éducation du Québec.

Didier Paquelin
Professeur titulaire de la Chaire de Leadership en pédagogie de l’enseignement supérieur de l’Université Laval (Québec)

Didier Paquelin, professeur titulaire de la Chaire de Leadership en pédagogie de l’enseignement supérieur de l’Université Laval (Québec) conduit depuis plus d’une trentaine d’années des études et des recherches sur la transformation des pratiques d’enseignement et d’apprentissage en contexte numérique. Une trajectoire qui s’intéresse tout particulièrement aux personnes étudiantes et enseignantes, à leurs multiples diversités.

Ses travaux portent sur l’analyse de la complexité des processus d’appropriation des outils, dont l’IA générative, et des dispositifs numériques pour la formation et l’apprentissage, dans les contextes formels et non formels, en présence et à distance. Son intérêt scientifique se porte également sur la dimension spatiale de l’expérience d’enseignement et d’apprentissage, se concrétisant par plusieurs études et publications sur le sujet. Dans une dynamique collaborative il assure la présidence de la section Amériques de l’Association internationale de Pédagogie Universitaire.

Kathleen Couillard
Journaliste scientifique, spécialiste en vérification des faits, attitrée à la rubrique Le Détecteur de rumeurs de l’Agence Science-Presse

Microbiologiste de formation, Kathleen Couillard est journaliste scientifique depuis plus de 15 ans. Depuis 5 ans, elle s’est aussi spécialisée en vérification des faits et est attitrée à la rubrique Le Détecteur de rumeurs de l’Agence Science-Presse, laquelle intègre également un important volet d’éducation aux médias et à l’information.  Dans le cadre de ses articles, elle a déboulonné différents mythes sur l’intelligence artificielle. Elle a d’ailleurs développé plus tôt cette année une formation en ligne sur le sujet à l’intention des enseignants du secondaire.

Me Nicolas Vermeys
Directeur, du Centre de recherche en droit public
Directeur adjoint, Laboratoire de Cyberjustice,
Professeur, Faculté de droit, Université de Montréal

Me Vermeys est membre du Barreau du Québec et possède également une certification en sécurité informationnelle (CISSP) décernée par (ISC)2. Il est l’auteur de nombreuses publications portant principalement sur les incidences des technologies de l’information sur le droit. Me Vermeys s’intéresse particulièrement aux questions juridiques liées à l’intelligence artificielle, à la sécurité de l’information, aux développements en matière de cyberjustice et, plus généralement, aux incidences des innovations technologiques sur le droit, thèmes sur lesquels il est régulièrement invité à intervenir auprès des médias et dans le cadre de conférences prononcées pour les juges, avocats, regroupements professionnels et organismes gouvernementaux au Canada et à l’étranger.

Mario Asselin
Député de Vanier-Les Rivières (Coalition avenir Québec) et adjoint parlementaire de la ministre de l’Enseignement supérieur

Fort d’une carrière de plus de trois décennies en gestion, communication, éducation et stratégie organisationnelle, Mario Asselin a occupé des postes clés dans des environnements variés, allant des institutions éducatives aux organisations publiques et privées, en passant par les médias et le conseil stratégique.

Il a d’abord bâti sa réputation dans le milieu scolaire, où il a exercé pendant près de 20 ans des fonctions de direction au Collège du Mont-Sainte-Anne, au Collège Rivier ainsi qu’à l’Institut Saint-Joseph. Par la suite, il a élargi son expertise vers la gestion d’entreprise, devenant associé et directeur général d’Opossum (division d’iXmédia), puis chargé de cours à l’Université de Montréal en communication organisationnelle.

Son parcours l’a ensuite mené au monde du conseil et du politique : conseiller stratégique chez Groupe Loran, puis conseiller senior à l’aile parlementaire de la CAQ, avant de se présenter comme candidat lors de deux élections provinciales. En parallèle, il s’est distingué comme chroniqueur, blogueur et analyste au sein de grands médias, notamment Le Journal de Québec, Le Journal de Montréal, ainsi que sur BLVD 102,1 à Québec.

Entrepreneur dans l’âme, il a fondé et dirigé Mario tout de go Inc., tout en occupant des fonctions numériques telles que gestionnaire de communauté et CIO pour Magic Door.

Très engagé dans sa communauté, il siège ou a siégé à plusieurs conseils d’administration, dont Idée Éducation Entrepreneuriale, l’Institut des troubles d’apprentissage et l’Institut de gouvernance numérique, en plus d’être responsable du groupe local « Canada » du Projet FuturEduc.